SOCIETE SAVANTE POUR LE TRAITEMENT
DE LA DOULEUR CHEZ L’ENFANT

Pour traiter la douleur il faut d’abord la reconnaitre et l’évaluer

Evaluer et comprendre au plus près ce que l’enfant éprouve passe par une relation empathique avec l’enfant et ses parents, une observation dite au repos (au calme, de loin, lorsque l’enfant joue), et à la mobilisation (toilette, examen clinique…), puis par l’emploi d’un outil de mesure. La douleur est mesurable par des scores validés scientifiquement, les échelles d’évaluation.

2. Auto-évaluation

L’auto-évaluation est :
• l’évaluation de la douleur par l’enfant lui-même.
• possible et fiable à partir de 6 ans en principe.
L’échelle visuelle analogique (réglette) est l’outil de référence de l’évaluation de l’intensité de la douleur.

Entre 4 et 6 ans, il est conseillé d’utiliser deux échelles d’auto-évaluation différentes, afin d’avoir un résultat plus fiable. L’auto-évaluation nécessite de prendre le temps de s’assurer que l’enfant a bien compris les explications du fonctionnement de l’échelle. Il existe plusieurs échelles qui sont toutes bien corrélées entre elles. Les études ont montré que, quelle que soit l’échelle utilisée pour réaliser l’auto-évaluation, les résultats obtenus sont quasiment similaires. Il est important d’utiliser l’échelle avec laquelle on se sent à l’aise, celle que l’on sait présenter à l’enfant. Les enfants qui ont très mal ont parfois du mal à communiquer et refusent d’évaluer l’intensité de leur douleur. Dès que leur douleur a un peu diminué, ils sont alors tout à fait capables de le faire.

3. Hétéro-évaluation

L'hétéro-évaluation est l'évaluation de la douleur réalisée par quelqu'un d'autre que l'enfant ; le plus souvent les professionnels de santé, plus rarement les parents. Elle se réfère à l'observation de l'enfant.

Les échelles d'hétéro-évaluation sont utilisées lorsque l'auto-évaluation est impossible.

La plupart des échelles comprennent les items suivants :
• pleurs ou cris ou plaintes
• signes corporels – raideurs, attitudes antalgiques
• comportement – consolabilité, intérêt pour le jeu, etc.
• signes physiologiques – pression artérielle.
Le score obtenu est une aide à la décision pour mettre en place un traitement antalgique et permet d'en mesurer l'efficacité.

Lorsqu'on évalue la douleur d'un enfant, on doit se poser deux questions :
• Que ferait un enfant du même âge non douloureux dans cette situation ?
• Dans quelle position serait-il ?
Utiliser des échelles comportementales n'est pas facile au début. Lors des premières cotations, il est parfois difficile de choisir entre deux descriptions de comportements. Après une phase d'apprentissage, ces hésitations s'atténuent. Ces contraintes ne doivent pas constituer des obstacles à l'emploi de ces échelles, car comme tout geste technique, c'est en les pratiquant régulièrement qu'on arrive à mieux les maîtriser. Les douleurs résiduelles qui persistent après la mise en route d'un traitement sont mieux identifiables et quantifiables grâce aux évaluations.

Il existe différentes échelles validées, utilisables en fonction de l'âge de l'enfant et du type de douleur (postopératoire/prolongée)

Cependant toutes les tranches d'âge et toutes les situations ne disposent pas encore d'une échelle validée. On peut être amené à élargir le champ d'application de chaque grille.