Évaluer, c’est comprendre au plus près ce que l’enfant éprouve. Tout d’abord instituer une relation non anxiogène, ludique, avec l’aide des parents, aborder l’enfant avec des mots et si possible un jouet adaptés à son âge. Ensuite vient l’outil de mesure. Seule une évaluation avec un score fiable, validé, donne les clés pour choisir et adapter la prescription.
Utiliser une échelle validée, adaptée à l’âge de l’enfant et à sa situation permet de suivre l’évolution d’équipe en équipe.

  • De 0 à 4 ans, comme en cas de difficultés de communication ou de déficit cognitif, utiliser les échelles d’observation comportementales (hétéro-évaluation).
  • De 4 à 6 ans, tenter l’auto-évaluation avec l’échelle de visages, et confirmer si nécessaire par l’hétéro-évaluation.
  • Au-delà de 6 ans, l’enfant peut en général s’évaluer lui-même (auto-évaluation).

 

Évaluer régulièrement, systématiquement, toujours avec la même échelle.

Noter l’évaluation sur le dossier de soins en précisant l’échelle utilisée et le moment : avant ou après antalgique.
Bien sûr, devant un enfant extrêmement douloureux, dans certaines fractures ou brûlures… un traitement antalgique puissant doit être administré en urgence et l’évaluation réalisée secondairement pour juger de l’efficacité.

Des affiches sont disponibles pour rappeler les outils d’évaluation, ainsi qu’un livret explicatif de la douleur pour les enfants :

Points clé

  • Évaluer nécessite de se mettre en relation, de communiquer de façon chaleureuse (avec l’enfant et ses parents, et entre soignants), d’observer, dans une communication bienveillante, empathique, et d’instaurer un partenariat.
  • Toujours évaluer d’abord au calme puis à la mobilisation ou à l’examen, et adapter les antalgiques aux deux temps. En cas de douleur avérée au repos, prévoir un antalgique pouvant couvrir la douleur supplémentaire liée à une mobilisation, puis attendre l’efficacité de l’antalgique pour évaluer à la mobilisation.
  • Pour coter les items des échelles d’hétéro-évaluation, bien noter tout ce que l’on observe même si l’on pense que les symptômes ne sont pas liés à la douleur.
  • Attention aux enfants « trop calmes » : immobilité, retrait, apparent refuge dans le sommeil, prostration, peuvent « masquer » la douleur : il s’agit en fait de douleur souvent intense et installée.
  • En cas de doute entre peur, tristesse, asthénie, altération de l’état général … et douleur, utiliser ces échelles malgré tout, s’aider du contexte, et d’un éventuel test thérapeutique.
  • En cas de discordance entre l’auto-évaluation et l’observation clinique (impression de surcotation ou de sous-cotation), changer d’outil d’évaluation, le noter dans le dossier de soins et en discuter en équipe et avec l’enfant si possible. Utiliser un score comportemental est utile si sous-cotation, mais ne doit pas servir à discréditer l’enfant qui exprime son mal-être par une probable sur-cotation.
  • Seuil de traitement : pour les scores d’auto-évaluation sur 10, les recommandations internationales fixent le seuil < 4 pour autoriser la sortie de SSPI ; pour les scores comportementaux, selon les échelles, soit le seuil a été étudié et déterminé par les auteurs, soit il a été déterminé par l’habitude clinique.

Trois situations différentes, douleur « de base », douleur des soins, et douleur chronique (c’est à dire prolongée en général plus de 3 mois, ou du moins plus que la durée attendue de la douleur), nécessitent des méthodes d’évaluation différentes, avec des échelles élaborées et validées pour des âges et des contextes spécifiques.