Le traitement des douleurs neuropathiques est souvent difficile. La disparition totale de la douleur est rare, l’objectif est une diminution franche des symptômes avec reprise d’une mobilité et d’une qualité de vie.
Le traitement médicamenteux ne peut se concevoir sans une évaluation « bio-psycho-sociale », et la mise en oeuvre de méthodes thérapeutiques incluant les aspects psychologiques. 
Une prise en charge globale est nécessaire, prenant en compte les aspects psychologiques, émotionnels, selon le contexte, donc en associant méthodes pharmacologiques et non pharmacologiques. Les recommandations de la SFETD (Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur ») seront actualisées courant 2019.

 

Traitement médicamenteux par voie générale


Peu d’études sont disponibles en pédiatrie, les recommandations reposent sur la littérature adulte ; aucun médicament spécifique n’a d’AMM pour la douleur neuropathique de l’enfant.
On utilise, (hors AMM), une monothérapie en 1re intention : amitryptilline, ou gabapentine. Commencer à posologie très faible et augmenter progressivement en quelques semaines, jusqu’à l’efficacité.
La morphine, contrairement à une idée longtemps reçue, est en partie efficace sur la douleur neuropathique ; elle est recommandée pour les douleurs mixtes, nociceptives et neuropathiques, en particulier en oncologie.
En cas d’échec, remplacer ou associer les molécules.

Médicaments les plus utilisés pour les douleurs neuropathiques en pédiatrie
Nom
Présentation
Indications officielles
de l’AMM
Voie d’administration
Posologie
Remarques
Amitryptiline
Laroxyl®
– Solution buvable
1 gtte = 1 mg
– Comprimés 25 mg
– Ampoules IV
6 ans pour d’autres indications
(énurésie)
Douleur neuropathique
périphérique chez l’adulte
Per os : 1 prise le soir (car sédatif)
Commencer à 0,mg/kg
et augmenter progressivement en quelques
semaines jusqu’à la dose maximale efficace
(en général 1 mg/kg/j, voire plus)
IV (après ECG, sous scope) :
débuter à 0,3-0,5 mg/kg en IV de quelques heures,
ou en IVC/24 h
Utilisée depuis très longtemps pour les douleurs
neuropathiques chez des enfants de
tous âges
Effets indésirables : sédation, somnolence,
bouche sèche, constipation, prise de poids
Voie IV si urgence au soulagement ou si
voie orale impossible (vomissements,
jeûne)
Gabapentine
Neurontin®
Gélules 100, 300 mg
ou plus
Épilepsie > 6 ans
Douleur neuropathique
chez l’adulte
3 prises/j
Commencer à 5 mg/kg/prise voire moins
Augmenter progressivement jusqu’à l’efficacité
10 à 30 mg/kg/prise, voire plus
Une des molécules de 1re intention pour la
douleur neuropathique
Effets indésirables : sédation, somnolence,
pseudo-vertiges, troubles du caractère

Le clonazépam a été beaucoup utilisé pour gérer les fulgurances mais n’est plus recommandé en l’absence d’études disponibles et suite aux mésusages (difficultés de sevrage).

Traitement médicamenteux par voie locale


Le traitement local, EMLA® ou Versatis®, est utile sur la zone d’allodynie.

Utilisation du Versatis® en pédiatrie ?
Le patch Versatis® (emplâtre contenant 700 mg de lidocaïne) a une AMM pour la douleur
post-zostérienne de l’adulte ; il est utilisé largement dans d’autres douleurs neuropathiques
et nociceptives de l’adulte, également en rhumatologie. Les études chez l’adulte montrent un
faible passage plasmatique ; les contre-indications sont celles des anesthésiques de type amide
et l’application sur une peau lésée. Le patch est appliqué 12 h/24, la nuit ou le jour, et peut
être coupé aux dimensions voulues.
Son efficacité a conduit de nombreuses équipes pédiatriques à l’utiliser, quand l’allodynie
prédomine : cicatrice douloureuse postopératoire ou de brûlure, algodystrophie, voire crises
drépanocytaires localisées (étude en cours).
Il n’y a pas d’AMM pédiatrique, l’utilisation du patch doit aussi être adaptée à l’âge et au poids de l’enfant en raison de passage plasmatique
même faible. Aucune recommandation spécifique à l’utilisation pédiatrique ne peut cependant être préconisée, en l’absence d’étude disponible.

Traitement non médicamenteux, physique


Selon le diagnostic, des méthodes physiothérapeutiques ou de rééducation sensorielle sont utiles : kinésithérapie, électrostimulation transcutanée (TENS), rééducation sensitive, rééducation avec miroir.

Traitement non médicamenteux, psychothérapeutique


  • Méthodes psychocorporelles : relaxation, hypnose.
  • Thérapies de parole   entretiens de soutien, psychothérapie.