La douleur de l'enfant

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Sélection Pédiadol

Otite et anesthésie locale
Bolt P, Barnett P, Babl FE, et al.
Topical lignocaine for pain relief in acute otitis media : results of a double-blind placebo-controlled randomised trial
Arch Dis Child 2008 ; 93 (1) : 40-4

Une étude réalisée en Australie a montré l’efficacité de gouttes auriculaires contenant un anesthésique local (lidocaïne à 2 %) contre placebo chez 63 enfants de 3 à 12 ans. Évaluation par l’échelle de visages FPS-R par l’enfant et le médecin à M0, M10 et M30. Différence significative avec réduction de 50 % de la douleur à M10 chez 52 versus 25 % (p = 0,03), à M30 de 90 % versus 63 % (p = 0,009). Pas d’effets indésirables notables.
Commentaire Pédiadol : Les gouttes avec anesthésique local sont recommandées dans l’antalgie de l’otite aiguë à tympan fermé, quelques études l’ont déjà montré.



Gouttes auriculaires d’anesthésique local pour le traitement antalgique de l’otite
Foxlee R, Johansson A, Wejfalk J, et al.
Topical analgesia for acute otitis media
Cochrane Database Syst Rev 2006 ; 19 (3) : CD005657
Les auteurs ont colligé tous les articles mentionnant l’effet antalgique local d’une substance déposée dans le conduit auditif externe, ils ont trouvé 356 publications, mais seulement 4 essais répondaient à des critères méthodologiques stricts (étude en double aveugle randomisée contre placebo) !
Un essai (Hoberman 1997) incluait 54 enfants (5-19 ans) qui recevaient des gouttes auriculaires contenant un anesthésique local (AL = benzocaïne) ou un placebo (huile d’olive). Dans le groupe AL, la douleur diminuait à tous les temps, et cette différence atteignait la significativité à 30 min avec une réduction de 25 % (mesure par EVA).
Trois autres essais (Sarrell 2001 et 2003) comparaient des gouttes auriculaires contenant un anesthésique local (améthocaïne) à des gouttes contenant des extraits de plante chez au total 274 enfants. On notait un effet antalgique significativement supérieur à 15 et/ou à 30 min en faveur de l’extrait de plantes.
Les auteurs concluent que les données sont insuffisantes pour aboutir à une recommandation basée sur les preuves.



Peut mieux faire !
Pulkki J, Huikko S, Rautakorpi UM. Management of pain in acute otitis media in Finnish primary care. Scand J Infect Dis 2006 ; 38 : 265-7.
Narcy P et al. Gestion thérapeutique et évaluation objective de la douleur chez les enfants consultant pour une douleur pharyngée aiguë (étude Gavroche). Médecine & Enfance 2005 ; 25 (6) : 362-7.
Narcy P et al. Gestion thérapeutique et évaluation objective de la douleur chez les enfants consultant pour une otite moyenne aiguë (étude Gavroche). Médecine & Enfance 2005 ; 25 (10) : 686-91.
La prise en charge antalgique de l’otite est très insuffisante dans une enquête finlandaise (3 059 enfants, 10 % de prescription d’antalgique) et dans une enquête française (n = 2733, médiane de la douleur à 6/10, malgré paracétamol dans 82 % des cas, puis après cette évaluation, prescription par les médecins de paracétamol seul chez 88 % des enfants). À noter des résultats similaires dans une enquête française sur la pharyngite.



Otite moyenne aiguë : prise en charge de la douleur avant tout !
American Academy of Pediatrics : Subcommittee on Management of Acute Otitis Media
Diagnosis and Management of Acute Otitis Media
Pediatrics 2004 ; 113 : 1451-65
Les précédents consensus, français ou anglo-saxons, parlaient beaucoup d’antibiothérapie, et peu ou pas de la prise en charge de la douleur de l’otite moyenne aiguë (OMA). Les dernières recommandations de l’Association américaine de pédiatrie sont claires : après avoir fait le diagnostic d’OMA, et avant de discuter une antibiothérapie éventuelle, il faut soulager l’enfant : "Recommandation 2 : la prise en charge de l’OMA doit comprendre une évaluation de la douleur. Si la douleur est présente, le praticien doit prescrire un traitement antalgique". C’est la seule recommandation, de ce consensus, classée comme strong (niveau de preuve important, impliquant que les médecins doivent la suivre). Le traitement de la douleur de l’OMA est essentiel, surtout dans les premières 24 heures, avant de discuter le traitement antibiotique. Plusieurs traitements sont utilisés sans qu’aucun n’ait été bien étudié.
  • Le paracétamol ou l’ibuproféne sont les "piliers" du traitement des douleurs légères et modérées.
  • Les remèdes "maison" : application d’huile, distraction ont un effet limité.
  • Les anesthésiques locaux ont un effet de courte durée, en complément des antalgiques de palier I.
  • Aucune étude n’a démontré l’efficacité des traitements homéopathiques.
  • Les antalgiques de palier II, comme la codéine, sont efficaces mais il faut tenir compte de leurs effets secondaires.
  • La paracentèse (antalgique) peut être recommandée dans certains cas.


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