La douleur de l'enfant

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Dix ans d’analgésie au quotidien chez l’enfant : bilan dans un service d’urgences d’un hôpital général

Extrait des actes du colloque UNESCO 2001 « La douleur de l’enfant, quelles réponses ? », Paris

R. Carbajal, C. Martin, Th. Karam, L. Barlet, A. Brière, N. Simon
CHI Poissy/St-Germain-en-Laye - Site de Poissy 


Malgré les progrès récents dans le traitement de la douleur, celle-ci n’est pas encore suffisamment traitée aux urgences pédiatriques. Comme dans d’autres spécialités, pour un motif de consultation semblable, l’enfant reçoit encore un traitement analgésique inférieur à celui de l’adulte. Parmi les facteurs qui contribuent à cette mauvaise prise en charge, on peut citer la peur des complications, la crainte de masquer un diagnostic, la mauvaise évaluation de la douleur de l’enfant et le manque de formation du personnel médical à cette prise en charge. Nous avons appris pendant longtemps que la douleur était un maître symptôme et que comme tel il fallait la respecter. Aux urgences pédiatriques, ceci a aussi contribué et contribue encore à délaisser son traitement.

Malgré le retard existant dans ce domaine, plusieurs équipes essayent depuis quelques années d’améliorer la prise en charge de la douleur de l’enfant aux urgences. Plusieurs moyens analgésiques existent permettant de réduire et de prévenir cette douleur. Parmi ces moyens analgésiques, on compte le mélange équimoléculaire protoxyde d’azote/oxygène, la crème Emla®, les anesthésiques locaux, les analgésiques de palier 1 (paracétamol, acide acétylsalicylique), de palier 2 (codéïne, nalbuphine), ou de palier 3 (morphine). Tous ces médicaments, et autres, peuvent et devraient être utilisés aux urgences chez l’enfant. Leur efficacité a été largement prouvée. Aux urgences, leur utilisation passe en grande partie par l’établissement d’une organisation adéquate permettant de gérer l’application de ces analgésiques dans un contexte d’urgence, de surcharge de travail pour le personnel soignant, de stress familial. Cette organisation nécessite une grande motivation du personnel soignant, une formation continue et la rédaction de guides de prescription pour uniformiser et améliorer les traitements analgésiques donnés aux enfants.

Nous vous présentons ci-dessus l’état de lieux de la prise en charge de la douleur aux urgences pédiatriques dans un Hôpital Général de la région d’Ile de France où une démarche spécifique dans ce domaine a été débuté il y a dix ans et est régulièrement actualisée. Cet état des lieux a été réalisé par le suivi systématique de plus de 1200 enfants consécutifs consultant aux urgences. Ceci nous a permis d’identifier les points qui nécessitent encore d’être améliorés. Parmi les points principaux que l’on peut dégager figurent.

A l’instar d’autres contextes pédiatriques la douleur signalée par les soignants est inférieure, en fréquence et en intensité, à celle signalée par les parents et les enfants eux-mêmes. Un nombre considérable d’enfants arrivent aux urgences avec une douleur importante. L’organisation et la forte activité des services d’urgences fait que la plupart de ces enfants doivent attendre avant d’être vus par les médecins. Ceci oblige à développer des programmes ou des protocoles de service permettant de soulager rapidement la douleur des enfants avant la consultation médicale.

Nous avons vu que l’établissement de ce type de protocole permet une réponse antalgique dans les 5 à 10 minutes qui suivent l’arrivée de l’enfant. Cependant, malgré ces mesures, une re-motivation permanente est nécessaire afin d’assurer ce type de réponse à la plupart d’enfants. Les gestes diagnostiques ou thérapeutiques peuvent être de puissants pourvoyeurs de douleur aux urgences.

Mais en fait ils ne sont pas très nombreux, car les ponctions veineuses, les sutures ou fermetures par colle des plaies, la réduction des fractures et les brûlures représentent plus de 90% des gestes douloureux aux urgences pédiatriques. Des guides thérapeutiques avec première, deuxième, voire troisième option devraient être rédigés pour tous ces gestes afin que les médecins expérimentés et moins expérimentés aient des attitudes homogènes dans le service d’urgence. L’urgence ne doit pas constituer une excuse pour ne pas utiliser des moyens analgésiques appropriés.







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