La douleur de l'enfant

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Comment communiquer avec les parents ?

MÀJ : 22 mai 2014




Être à l’écoute des parents
  • Apprécier l’anxiété et l’inquiétude des parents. Des gestes qui peuvent apparaître simples et banals pour les soignants ne le sont pas toujours pour les parents. Il est inutile d’accuser les parents de transmettre leur anxiété à l’enfant. Prendre en charge la douleur de l’enfant rassure les parents.
  • Que perçoivent-ils de la douleur de l’enfant ? La plupart des parents sont capables de très bien décrire les changements dans le comportement de l’enfant.
  • S’enquérir du passé douloureux de l’enfant, des signes de douleur et des moyens habituels pour la soulager (câlin, tétine, doudou, etc.).
  • Les informer honnêtement et simplement. On peut s’aider du "carnet douleur" et du livret SPARADRAP "Aïe j’ai mal".
  • Établir une relation de confiance et d’échange avec eux.
  • Apprécier la difficulté du geste et leur possibilité de participation ou d’aide.
Plus on dispose de moyens antalgiques, plus la communication avec les parents est facile.



La participation des parents aux soins
La circulaire DH/EO 3 n° 98-688 du 23 novembre 1998 relative au régime de visite des enfants hospitalisés précise :
(…) L’hospitalisation d’un enfant, quel qu’en soit le motif médical, est une source d’angoisse pour lui-même et pour sa famille. Il est particulièrement important de limiter cette angoisse et de lui éviter en outre une séparation injustifiée de son entourage immédiat.

(…) La mère, le père ou toute autre personne qui s’occupe habituellement de l’enfant doit pouvoir accéder au service de pédiatrie quelle que soit l’heure et rester auprès de son enfant aussi longtemps que ce dernier le souhaite, y compris la nuit.

(…) Le personnel soignant doit être particulièrement attentif aux remarques formulées par l’entourage de l’enfant hospitalisé, notamment en ce qui concerne le comportement de l’enfant et toute attitude de sa part qui pourrait traduire une douleur physique. (…)
Les craintes des soignants
La présence des parents pendant les soins suscite souvent de l’anxiété pour le personnel soignant :
  • peur d’être jugé ;
  • peur de mal faire le geste sous le regard des parents ;
  • perte de la maîtrise de la situation, etc.

Autant de craintes réelles qui peuvent s’amoindrir avec le temps et l’expérience.
En effet, faire participer les parents aux soins est une attitude récente qui vient quelque peu bouleverser les pratiques.

Et pourtant…

Plusieurs études ont évalué les conséquences et la pertinence de la présence des parents auprès de leur enfant lors d’un geste agressif aux urgences (prélèvement sanguin, sutures).
À titre d’exemple, dans une étude française (Carbajal, 1999) :
  • dans le groupe des parents présents, les soignants ont jugé que cette présence :
    • était une bonne idée dans 94 % des cas,
    • a rendu les soignants nerveux dans 8 % des cas,
    • a aidé l’enfant dans 68 % des cas ;
  • la présence des parents n’a pas nui pas à la performance du geste. Le pourcentage de ponctions veineuses réalisé à la première tentative était le même, que les parents soient présents ou absents ;
  • l’anxiété des parents, évaulée par EVA, était plus importante dans le groupe des parents absents ;
  • globalement, 70 % des parents pensent que les parents et/ou les enfants doivent participer à la décision de la présence ou de l’absence des parents lors d’un geste agressif.

Le rôle des parents
  • La présence des parents soutient et réconforte l’enfant pendant les soins. Beaucoup de parents ont besoin d’être guidés : les encourager à maintenir un contact chaleureux, distrayant et rassurant (prendre la main, caresser l’enfant, raconter une histoire, etc.).
  • Il est déconseillé de faire participer les parents à la contention de l’enfant.
  • Les parents culpabilisent souvent de ne pouvoir empêcher la souffrance de leur enfant. Qu’ils soient présents lors du soin et à plus forte raison s’ils sont absents, il est important de ne pas les culpabiliser.
  • Proposer aux parents d’être présents auprès de leur enfant pendant un geste douloureux mais ne jamais les obliger.
  • Le plus souvent, lorsque les enfants sont présents, la détresse de tous est atténuée (enfant, parent mais aussi soignant).
  • La satisfaction des parents et le climat relationnel sont meilleurs lorsqu’on leur permet de rester auprès de leur enfant.

© Association SAPRADRAP




Les points clés
Pour établir une relation de confiance avec les parents :
  • tenir compte des informations sur l’enfant fournies par les parents ;
  • les informer des moyens utilisés pour prendre en charge la douleur de leur enfant ;
  • les inviter à aider l’enfant pendant les soins ;
  • apprécier leur anxiété ;
  • ne pas les culpabiliser ;
  • les considérer comme des partenaires.

Ce sont les parents qui connaissent le mieux l’enfant.
Plus on dispose de moyens antalgiques, plus la communication est facile.


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